mercredi 18 février 2015

Contrecoups

J'ai lu :
Contrecoups
de Nathan Filer
aux éditions Michel Lafon
Traduit de l'anglais (Grande Bretagne) par Philippe Mothe
Titre original : The Shock of the Fall


4ème de couverture :
"Je vais vous raconter ce qu'il s'était passé, parce que ce sera l'occasion de vous présenter mon frère. Il s'appelle Simon. Je pense que vous allez l'aimer. Vraiment. Mais d'ici quelques pages il sera mort. Et, après ça, il n'a plus jamais été le même."
Matthew a 19 ans, et c'est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu'il entend partout, tout le temps...
Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui "ressemble à un serpent". Pour comprendre son passé et s'en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l'enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l'adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l'internement... Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l'hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l'ennui abyssal... Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.
Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une vois absolument unique.



Mon avis :
Après ma dernière lecture, Love letters to the Dead, encore une histoire de mort tragique dont on ne découvre les circonstances qu'à la fin de l'histoire. Dans Contrecoups, c'est Matthew, le narrateur âgé de 19 ans, qui a perdu son frère lorsqu'il était petit. Mais au fur et à mesure il va découvrir que Simon n'a pas complètement disparu. Il le retrouve dans le bruit du vent, un rayon de soleil, puis fini par entendre sa voix. Il nous raconte comment s'est déroulé sa vie après la perte de son frère. Comment il a réagit et comment ses parents se sont comportés. Comment il a sombré petit à petit dans une forme de folie qui l'a conduit à devoir suivre des traitements et à être interné.
 
Contrecoups, ce sont des parents aimants dépassés par les évènements, qui doivent faire le deuil d'un fils alors que leur deuxième est encore petit et dépendant d'eux. C'est l'amour filiale sans faille d'une grand-mère qui rendra visite à son petit-fils quel que soit son état. Ce sont des services sociaux et médicaux qui font ce qu'ils peuvent mais ne peuvent pas toujours faire dans la dentelle. C'est la boucle infernale des traitements qui font aller mieux mais qui ont des effets secondaires difficiles à supporter.
 
J'ai trouvé le tout raconté avec beaucoup de vérité. Les petits dessins, les répétitions amènent très bien la folie montante du narrateur. La conclusion qui fait s'interroger sur l'importance de la communication. On le découvre à la fin, la mort de Simon n'a pas eu que des contrecoups négatif, elle a permis quelque part à une petite fille d'éviter peut-être le même chemin vers la folie.
 
Un livre touchant sur des sujets trop peu évoqués. Je vous conseille vivement cette lecture.







 
 
 
 
 
D'autres avis sur :
http://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=88315

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